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Les lacunes dans les connaissances appellent des Knowledge GAPES : dépasser l’échange des connaissances pour bâtir des systèmes de collecte, d’analyse, de personnalisation et d’échange des connaissances

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Illustration tirée de l’article « Les lacunes dans les connaissances appellent des Knowledge GAPES : dépasser l’échange des connaissances pour bâtir des systèmes de collecte, d’analyse, de personnalisation et d’échange des connaissances »

En près de vingt ans de communication et de vulgarisation scientifiques, Fuse a été appelée à de très, très nombreuses reprises à cerner des lacunes dans les connaissances. Traditionnellement, cette demande consiste à réunir des producteurs et des utilisateurs de connaissances pour recueillir les meilleures données scientifiques disponibles sur un sujet et poser la question : quels domaines de recherche future pourraient appuyer la prise de décision et nous amener à agir ?

Avec le départ à la retraite des baby-boomers, il est essentiel de recueillir efficacement leur savoir en gestion des ressources. Fuse a été mandatée pour inventorier des bases de données historiques de ressources, de rapports et d’autres contributions. Nous repérons les publications les plus précieuses, puis nous résumons ces documents, les mettons en images et les mobilisons.

« Ce que nous devons savoir pour faire mieux existe déjà. »

Parallèlement, notre entreprise soutient de nombreux réseaux d’échange des connaissances, tous fondés sur le principe que ce que nous devons savoir pour faire mieux existe déjà.

Une partie de ce savoir se trouve dans la tête des praticiens « sur le terrain », riches d’une vie entière d’expérience qui pourrait profiter à tout un secteur. D’autres connaissances orientent l’action dans une région, mais pourraient résoudre des problèmes dans une autre si seulement elles étaient partagées. Dans d’autres cas, des connaissances ont été produites et mises en pratique dans une industrie et pourraient avoir des applications transformatrices dans d’autres industries et secteurs.

Ce n’est pas une nouveauté pour les agents de changement ambitieux, les directeurs gouvernementaux dotés de mandats nationaux et les groupes à vocation sociale du Canada. Rassembler cette information n’est pas non plus un nouveau défi.

J’ai récemment discuté avec un professionnel désabusé, en fin de carrière, qui a « déjà tout vu ». Des tentatives pour trouver toutes les ressources pertinentes en foresterie, les rassembler en un seul endroit, faire connaître la bibliothèque de ressources et organiser des événements pour faire progresser la réflexion et la pratique — pour finalement voir des compressions budgétaires détruire cette belle vision et faire reculer une fois de plus l’échange des connaissances.

Alors, où allons-nous à partir d’ici ?

Un récent cours Masterclass sur la CIA m’a donné une idée.

Je crois que nous devons transformer les professionnels de l’échange des connaissances en agents de la CIA de la communication scientifique et de la prise de décision fondée sur des données probantes, afin qu’ils puissent recueillir et analyser le savoir dont nous avons besoin pour relever des défis complexes.

Illustration tirée de l’article « Les lacunes dans les connaissances appellent des Knowledge GAPES : dépasser l’échange des connaissances pour bâtir des systèmes de collecte, d’analyse, de personnalisation et d’échange des connaissances »

GATHER (RECUEILLIR)

  • Formez-les à repérer leurs informateurs – des personnes qui détiennent un savoir précieux pour leur programme – et à nouer avec eux des relations transformatrices plutôt que transactionnelles.

  • Aidez-les à numériser les ressources « historiques » qui prennent la poussière sur des tablettes ou risquent d’être déchiquetées et perdues à jamais. La recherche de ces éléments de savoir essentiels peut ressembler à un travail de détective.

  • Encouragez-les à mener des entrevues avec les gardiens du savoir qui les entourent. Documentez leurs expériences et leur expertise dans des balados, des mémos vocaux et des rapports.

  • Montrez l’exemple par l’humilité et le respect envers tous les systèmes de connaissances, les perspectives diverses et les idées créatives, en particulier celles des jeunes, des aînés, des communautés et des personnes extérieures à leur spécialité, qui ne partagent pas les mêmes biais que les voix habituellement entendues dans ces secteurs.

ANALYZE (ANALYSER)

Chez Fuse, notre mission est d’aider à résoudre les défis de conservation les plus pressants au Canada. Ces enjeux exigent des données probantes qui soutiennent l’action et éclairent les décisions à l’échelle des politiques. Dresser ce portrait clair des données probantes et de la voie à suivre revient à assembler un casse-tête de 1 000 pièces en ne disposant au départ que de 250 de ses pièces (voir la section Gather ci-dessus pour savoir comment trouver les 750 autres) et de 5 000 pièces potentielles provenant d’autres casse-têtes sans rapport. Dresser des inventaires, classer l’information et séparer ce qui est précieux de ce qui distrait peut donner l’impression d’un travail d’analyste du renseignement.

Voici quelques conseils pour vous concentrer sur les détails clés :

  • Déterminez le message clé ou l’objectif de votre publication d’échange des connaissances.

  • Repérez et mettez en valeur les données scientifiques en restant concis et crédible.

  • Concentrez-vous sur les éléments qui ont des applications en gestion ou des incidences pour les décideurs.

PERSONALIZE (PERSONNALISER)

L’étape suivante consiste à traduire ces données scientifiques en contenus accessibles et ciblés pour votre public.

  • Connaissez votre public. Prenez le temps de déterminer qui il est et de comprendre ce qu’il sait, ce à quoi il accorde de l’importance et ce qu’il souhaite approfondir.

  • Rendez les résultats concrets. Transformez les statistiques, les données, les résultats de consultation et les autres chiffres en relations numériques (p. ex. plus que, 3 fois plus, réduit de moitié, etc.), en donnant des exemples pertinents pour le public.

  • Utilisez des visuels, comme des infographies et des photos marquantes, pour expliquer vos concepts de façon mémorable, toucher les émotions et transmettre beaucoup d’idées avec le moins de mots possible.

  • Racontez des histoires qui rendent le savoir personnel. Quel lien avec la vie réelle de votre public ? Servez-vous d’études de cas, d’organisations réelles et d’expériences vécues pour relier les réalités scientifiques à ce qui compte pour les gens et à ce qu’ils comprennent.

EXCHANGE SYSTEMS (SYSTÈMES D’ÉCHANGE)

Les produits de communication, comme les infographies, les guides visuels et les notes d’information, sont des outils pour lancer une conversation. Créez des espaces pour accueillir ces conversations, en ligne comme en personne. Un programme d’échange des connaissances devrait comprendre un réseau ou une communauté de pratique qui se réunit régulièrement pour échanger des idées, apprendre des échecs des uns et des autres, partager des réussites et se poser des questions. Documentez et partagez ces conversations dans un endroit centralisé, par exemple une plateforme numérique ou un site Web doté d’une bibliothèque de ressources consultable. Bâtir un système de gestion de l’information ou d’échange des connaissances est une vaste entreprise ; voici quelques suggestions à considérer.

  • Ne faites pas cavalier seul. Associez-vous à des groupes qui partagent vos vues ou joignez-vous à un système d’échange des connaissances existant, comme le Canadian Conservation and Land Management Knowledge Network (CCLM). La présence de plusieurs contributeurs garde le contenu à jour et assure un financement de fonctionnement durable pour l’entretien, les mises à niveau et la gestion continue à l’avenir.

  • Un site Web ne suffit pas. L’espace numérique n’attirera et ne fidélisera les utilisateurs qu’avec des activités d’échange des connaissances comme des webinaires, des projets de synthèse, des conférences et d’autres activités de mobilisation.

  • Misez sur ce que vous faites particulièrement bien. Veillez à ne pas reproduire les fonctions des plateformes existantes.

  • Évitez que les « gadgets » détournent les utilisateurs de ce que vous voulez qu’ils fassent sur votre site. Ces distractions peuvent aussi gruger le budget et le temps que vous pourriez consacrer à bâtir la plateforme et à en maintenir les fonctions.

  • Internet est une course aux armements en cybersécurité. Assurez-vous d’avoir le soutien et le budget nécessaires pour les mises à niveau régulières, les corrections de bogues et les nouveaux logiciels de sécurité. De nouveaux types de pourriels et de cyberattaques apparaissent sans cesse. Réfléchissez-y à deux fois avant d’investir dans un site ou un développeur à bas prix. Si vous n’avez pas un gros budget ou un financement à long terme, une base de données ou un système d’échange des connaissances existant accueillerait peut-être vos utilisateurs et vos précieuses ressources dans une nouvelle section de son espace numérique, ce qui vous éviterait de vous aventurer en terrain dangereux.

Les lacunes dans les connaissances appellent des Knowledge GAPES – des systèmes de collecte, d’analyse, de personnalisation et d’échange pour tirer parti de tout le savoir qui existe déjà. En chemin, de nouveaux domaines de recherche pourront être cernés à mesure que vous recueillerez et analyserez le savoir sur le sujet.

Rédigé par Shelagh PyperDécouvrez Shelagh et le reste de l’équipe sur la page Notre équipe.